SWAP Littérature Jeunesse 2011 : colis arrivé à bon port !

Mardi soir, j’ai eu la bonne surprise de trouver le colis de Poupy dans ma boîte aux lettres.

Et voici ce que celui-ci contenait :
Le cueilleur de fraises de Monica Feith et Nouvelles d’ados (Prix Clara 2010)
Chapeau rond rouge de Geoffroy de Pennart et le Dokéo Protéger la nature. Une charmante attention puisque l’écologie et la protection de l’environnement me tiennent à cœur 🙂
– Un petit répertoire et un cadre violet
– Des marques-pages faits maison et des sucreries à gogo. D’ailleurs, j’en connais un qui aurait bien aimé m’en chiper !

Merci encore Poupy ! Mon colis ne devrait plus tarder à partir… 😉

MAJ : Pour jeter un œil au colis que j’ai préparé, c’est par ici => Poupy

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SWAP Littérature Jeunesse 2011

Avis aux amateurs de Littérature Jeunesse (et de surprises ^^) Léo Elfique a eu l’excellente idée d’organiser un SWAP sur ce thème. Si vous êtes tenté, je vous invite à consulter, sans plus attendre, les modalités de participation sur son blog !

Logo by Léo Elfique of course !


2 jours pour faire des thunes d’Hamid Jemaï

Micklo, fils du défunt grand Aldo, a l’art de se foutre dans la mouise jusqu’aux tréfonds de son petit cou de gitan. C’est donc comme ça qu’il se retrouve avec une ardoise de 20 000 € à régler auprès du terrible Goulag, un truand « ruskoff » à qui on ne l’a fait pas. Les dettes sont payables sur le champ. Micklo, flanqué d’une armoire à glace, homme de main de Goulag, chemine fébrilement jusque chez lui, où il paraît, il pourra mettre la main sur le numéro de téléphone d’une personne sensée pouvoir le sortir de ce merdier. Mais à Garbit, on ne l’a fait pas non plus. Il prête à Micklo un briquet d’une valeur inestimable. Ce briquet, c’est le gage que justice sera faite. Ce briquet, en quelque sorte, c’est le détail qui tue. Mais c’était sans compter le caractère intrépide de Micklo. Ce dernier parvient à endormir la vigilance de Garbit et prend la poudre d’escampette avec 8000 € en poche et un flingue. C’est le début de sa folle épopée.
Cette histoire rocambolesque vous mènera des terrains vagues occupés par le clan des Skilachi aux sous-sols sordides du quartier général de Goulag et sa bande. Le fil conducteur reste Micklo qui opérera une mue aussi saisissante qu’effroyable. Ou comment un gosse paumé de la rue peut se transformer en une brute sanguinaire. Mais le dindon de la farce n’est pas toujours qui l’on croit. L’auteur use d’une narration déroutante. D’incessants va et vient, entre analepses et prolepses, font avancer le récit vers sa fin, implacable. Le tout se déroule sous les yeux du lecteur, tel un film de gangster. Le style mêle langage des cités et langue littéraire. Des traits d’esprits inspirés, s’égrainent ici et là. Quelques scènes d’une rare violence pourront choquer les plus sensibles. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le lecteur en aura pour ses émotions !

C.A.

Le livre : 2 jours pour faire des thunes d’Hamid Jemaï, collection Exprim’, éditions Sarbacane, 14 €

Illustration de la couverture : Gettyimages


Echecs et but ! d’Axl Cendres

Il est promis à un avenir de joueur d’échecs virtuose. Monsieur Martini l’a bien compris. C’est pourquoi il l’arrache du foyer de sa grand-mère fumeuse de cigares pour qu’il suive le meilleur enseignement qui soit, auprès d’un maître confirmé. A l’enseigne du Paradis où il loge, il fait une rencontre-révélation : la passion des supporters de football. Tout en poursuivant son apprentissage des échecs, il en entreprend un autre, plus ardu, pour lui qui ne maîtrise aucun code : celle de supporter avec son nouvel ami Mickey. Et se faisant, il éprouve de plus près le sens premier du terme : la souffrance de supporter une équipe.
On trouve dans ce troisième roman de la jeune auteur Axl Cendres les éléments qui avaient déjà contribué à esquisser son style et son univers si singuliers : des personnages hauts en couleur à la personnalité riche et dense, une psychologie du personnage principal particulièrement fouillée. Ce récit est conté selon son point de vue. Le narrateur nous fait donc part de ses réflexions pertinentes, lucides, perspicaces. C’est bien écrit : agréable à l’oreille comme aux images suggérées.
En s’emparant d’un sujet aussi tranché que celui du football, Axl Cendres réussit le pari de réunir les lecteurs de tous les horizons : les amateurs invétérés reconnaîtront sans doute leur propre fièvre de supporter, mais aussi les autres, le public plus difficile des indifférents. Le rythme de la dernière partie de l’histoire s’accélère brutalement. Le texte gagne ainsi en intensité et devient une illustration extrême de la passion. Celle qui renoue avec ses racines primitives. De supporter on passe à hooligan. D’où la lecture polysémique que l’on pourra faire du titre, pour boucler le tout magistralement.

C.A.

Le livre : Echecs et but ! d’Axl Cendres, collection Exprim’, éditions Sarbacane, 13,50 €

Illustration de la couverture :


Conventum de Pascal Girard

Conventum en québécois, c’est une soirée d’anciens. Vous savez, « On s’était dit rendez-vous dans 10 ans… » C’est exactement ce qui arrive à Pascal Girard. Celui-ci reçoit un carton d’invitation pour retrouver ses camarades de l’époque du secondaire. Loin de le réjouir, cette invitation suscite en lui des angoisses profondes liées à son image et à la perception que les autres ont de lui. C’est pourquoi il se lance dans un régime…
Pascal Girard évoque ici un sujet qui parlera à plus d’un d’entre nous : l’image que l’on a de soi. Mais encore qui l’on croit être, qui l’on voudrait être pour les autres et qui l’on est vraiment à leurs yeux. Nous avons probablement déjà tous réfléchi selon le schéma des gagnants et des perdants. Ce qui est intéressant, c’est de relever les critères qui permettent de définir notre appartenance ou non à l’une ou l’autre des catégories. De même, notre sentiment profond d’appartenance à une catégorie ne sera pas forcément celle où les autres voudront bien nous ranger naturellement. Qu’est-ce qu’être un gagnant ? Faut-il nécessairement avoir un métier bien placé dans la hiérarchie sociale pour en être un ? Existe-t-il une continuité dans la vie d’adulte ? Les perdants d’hier peuvent-ils être les gagnants d’aujourd’hui ? Autant de questions soulevées ici et dont il vous appartiendra de trouver vos propres réponses… Cette BD pose aussi clairement la question de l’intérêt supposé de ce type de soirées de retrouvailles, qui ont lieu des années après. Et en même temps, malgré le ton humoristique adopté tout du long, une réponse sarcastique semble presque s’imposer d’elle-même. Quel intérêt donc si ce n’est justement pour se comparer à son voisin, épier ses signes extérieurs de réussite sociale, ou se rassurer au contraire de sa médiocrité supposée ? L’humour ne cache cependant pas des dialogues sérieux qui viennent pointer une certaine vérité. Ainsi, Pascal Girard se confie à la cuisinière embauchée exprès pour la soirée : « J’ai l’impression que personne n’a vraiment changé depuis le secondaire sauf moi. Un peu comme si j’étais le seul à avoir mûri. » Propos qui seront d’ailleurs mal interprétés par cette dernière. Comme si affirmer sa différence était un crime passible de la mise au banc. Comme s’il fallait nécessairement remplir le rôle implicite que l’on attend de vous pour pouvoir prétendre s’intégrer. Il y a comme une dénonciation de ces rapports hypocrites. Et si Pascal Girard est si différent des autres c’est peut-être aussi parce qu’il ne parvient pas à jouer précisément le rôle que l’on attend de lui. Au final, on ne s’attache pas moins à son personnage, complètement maladroit dans ses relations sociales, si obsédé à l’idée de bien faire et surtout de bien paraître qu’il s’enlise chaque fois plus dans sa maladresse. A vous dissuader presque de vous rendre à votre propre conventum… !

C.A.

La BD : Conventum de Pascal Girard, collection Shampoing, éditions Delcourt, 13,50 €

Illustration de la couverture : Pascal Girard